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SYNTHÈSE D’ENQUÊTER79

Les dossiers londoniens d’ICBC révèlent des prêts risqués en Afrique

Des documents internes de la succursale londonienne de l’Industrial and Commercial Bank of China montrent qu’elle a aidé à prêter plus de 2,5 milliards de dollars à la compagnie pétrolière publique angolaise et s’est engagée sur un prêt portuaire de 659 millions de dollars en Sierra Leone avant la fin de ses vérifications, selon le Consortium international des journalistes d’investigation. ICBC n’a pas répondu ; Pékin rejette de « faux récits ».

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Collage éditorial : photographies tramées et déchirées d’une grue portuaire au-dessus d’un quai vide, d’un pétrolier et d’une façade de banque de la City de Londres, avec des cercles rouges et des documents de prêt vierges.
Illustration éditoriale générée par IA. Elle ne représente ni un événement réel ni une personne réelle. — Illustration : The Ledgers

Le dossier

La succursale londonienne de l’Industrial and Commercial Bank of China (ICBC), dont les actionnaires majoritaires sont le ministère chinois des Finances et d’autres entités publiques, a à plusieurs reprises conservé ou accepté des clients que son propre service de conformité jugeait à haut risque. C’est la conclusion de « China Capital », une enquête publiée le 14 septembre 2026 par le Consortium international des journalistes d’investigation (ICIJ) et 23 médias partenaires.

L’enquête de l’ICIJ repose sur 4,8 millions de documents internes, en anglais et en chinois, issus de la succursale et d’une filiale installée à la même adresse, couvrant la période 2005-2024. On y trouve près de 200 contrats de prêt signés entre 2010 et 2024 avec des emprunteurs d’une trentaine de pays. Selon l’ICIJ, Pékin demandait parfois aux responsables londoniens de servir des objectifs liés aux « nouvelles routes de la soie », et certains formulaires de crédit comportaient une rubrique « China rationale ».

Angola : des prêts maintenus après les Luanda Leaks

ICBC Londres a aidé le siège de la banque à prêter plus de 2,5 milliards de dollars à Sonangol, la compagnie pétrolière publique angolaise, alors contrôlée par des proches du défunt président José Eduardo dos Santos, rapporte l’ICIJ. La relation s’est poursuivie après l’enquête Luanda Leaks publiée par l’ICIJ en 2020 sur l’empire de sa fille, Isabel dos Santos.

Des notes internes de 2021 qualifiaient les critiques visant Isabel dos Santos de « motivées dans une certaine mesure par un intérêt chauvin », l’une d’elles rappelant que l’Angola était un partenaire de la Chine dans les nouvelles routes de la soie. Selon l’ICIJ, elle a ensuite été sanctionnée par les États-Unis et le Royaume-Uni, et inculpée en Angola pour avoir causé à l’État des pertes d’environ 219 millions de dollars.

Sierra Leone : un prêt portuaire engagé trop tôt

Fin 2017, ICBC et une autre banque publique chinoise ont approuvé un prêt de 659 millions de dollars pour l’extension du quai Queen Elizabeth II à Freetown. D’après les documents, la succursale londonienne s’est engagée, à la demande du siège de Pékin, avant d’avoir reçu toutes les pièces requises du promoteur, National Port Development (SL) Ltd, que l’ICIJ décrit comme contrôlé depuis les îles Vierges britanniques.

Des examens ultérieurs ont relevé des articles faisant état de « graves accusations de corruption » visant deux des propriétaires du promoteur. ICBC a décidé de ne pas débloquer les fonds mais, selon l’ICIJ, n’a pas formellement révoqué la ligne de crédit, en partie pour ne pas froisser le gouvernement sierra-léonais.

Des exceptions aux sanctions et pour des clients politiquement exposés

Les dossiers montrent aussi que la succursale a fait de la place à d’autres clients à risque. En 2017, elle a servi à prêter 105 millions de dollars au groupe minier russe Nornickel, dont Oleg Deripaska détenait indirectement environ 13 %. Après les sanctions prises contre Deripaska par le Trésor américain en avril 2018, un responsable de la conformité a signalé une infraction, mais une exception a été accordée au motif qu’il n’était qu’actionnaire minoritaire. ICBC a engagé 200 millions de dollars supplémentaires en 2020 dans le cadre d’un prêt syndiqué de 21 banques.

En Azerbaïdjan, ICBC a accepté en 2017 comme cliente la Pasha Bank, dont des filles du président Ilham Aliyev sont copropriétaires, malgré des signaux d’alerte en matière de corruption, selon l’ICIJ. Lorsque la banque a commencé à reconsidérer la relation en 2021, elle a retardé sa sortie jusqu’à l’échéance de 24 millions de dollars de dépôts.

Les réponses

ICBC n’a pas répondu aux demandes répétées de l’ICIJ. Par la voix d’un porte-parole, le gouvernement chinois a rejeté les « faux récits » sur des « prêts opaques ». Sahr Ngegba, qui a répondu au nom des administrateurs de National Port Development, a jugé les accusations « sans fondement », affirmé que le projet avait suivi « les procédures gouvernementales et parlementaires appropriées en Sierra Leone » et assuré que la société n’avait reçu aucune notification formelle d’annulation du prêt pour des faits de corruption.

Deripaska conteste toute irrégularité et qualifie les sanctions qui le visent de politiquement motivées. Isabel dos Santos a nié à plusieurs reprises tout acte répréhensible. Sonangol, Pasha Bank et Nornickel n’ont pas répondu à l’ICIJ.

Les questions sans réponse

Comment les superviseurs britanniques de la succursale ont-ils évalué son appétit pour les activités à haut risque au moment où ces décisions étaient prises ? La ligne de crédit non décaissée de Freetown figure-t-elle encore formellement dans les comptes d’ICBC ? Et quelle part des prêts accordés à Sonangol a été remboursée depuis ?

Ces constats reposent sur des documents internes divulgués que The Ledgers n’a pas consultés. Les évaluations de risque et les alertes de conformité internes ne valent pas constat d’infraction, et aucun tribunal n’a jugé qu’ICBC ou l’un des clients cités ici ait agi illégalement dans le cadre de ces opérations.

D’après les publications de: ICIJ · China Capital · 14 septembre 2026; ICBC · Rapport annuel 2025; Trésor américain · sanctions contre Deripaska · 6 avril 2018.

Documents sources

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  1. ICIJ · China Capital · 14 septembre 2026Aucun lien public fourni
  2. ICBC · Rapport annuel 2025icbc.com.cn
  3. Trésor américain · sanctions contre Deripaska · 6 avril 2018home.treasury.gov

Mises à jour du dossier

  1. Première publication

    Dossier publié

  2. État mis à jour

    Enquête en cours

    État de l’enquête éditoriale enregistré.

Note de la rédaction

Cette note de recherche résume l’enquête « China Capital » du Consortium international des journalistes d’investigation et les documents publics cités. The Ledgers n’a pas examiné de manière indépendante les documents d’ICBC divulgués ; les citations proviennent de l’enquête de l’ICIJ. Plusieurs des parties citées contestent les accusations. L’illustration est générée par IA et ne représente ni un événement réel ni une personne réelle.

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